29 septembre 2022

Anxiété et santé mentale

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Aujourd’hui je vous parle des anxiétés qui viennent nous plomber le moral. Elles surviennent parfois au détour d’une situation. Ou alors elles sont nourries par quelque chose de plus latent tapi dans notre intimité. Et de plus en plus elles sont le fruit de l’environnement qui nous entoure. L’anxiété c’est quelque chose que nous vivons tou·te·s à un moment donné dans notre vie. Pour éviter d’être paralysé·e par celle-ci, je vous glisse dans cette newsletter quelques clés de lecture pour l’apprivoiser.
J’en profite aussi pour vous donner rendez-vous du 7 au 9 octobre au Festival Pop & Psy organisé par notre ami médecin psychiatre Jean-Victor Blanc. mūsae est partenaire du festival, et dans ce cadre j’animerai le talk de clôture avec l’équipe du film L’Énergie des Dieux.

 

23% des Français·es se déclarent anxieux·ses 

en septembre 2021 vs 13% en septembre 2017, Santé Publique France.

 

ON POSE LES BASES

 

Souvent on mélange stress, anxiété et angoisse. Ce qui est important, ce n’est pas tant d’employer le bon mot mais de comprendre ce qui se joue en nous en fonction des différents états. Allez go on part en exploration. Avant de vous lancer, vous pouvez (re)voir notre petit topo vidéo sur les différents niveaux d’anxiété.

Voir le tuto sur l’anxiété

 

Tout d’abord keep cool. C’est normal d’être stressé·e. C’est une réponse adaptée à une situation inhabituelle pour laquelle il y a un enjeu. Le stress fait partie du quotidien. Il est plutôt porteur car il permet de créer du mouvement. On peut être stressé·e à l’approche d’un premier date car on ne sait pas comment ça va se passer. Les situations de stress créent de la cortisone et nous permettent d’ajuster notre comportement en fonction de la situation. La nature est donc bien faite !

En revanche l’anxiété c’est une autre histoire. Elle nous crispe. Elle diminue nos capacités intellectuelles et d’actions. On se met en colère, on pleure facilement. C’est la sensation d’être dans une situation de danger, mais sans explication rationnelle.

L’angoisse c’est encore l’étape d’après. C’est une suite de questions à laquelle on n’a pas de (bonnes) réponses et qui va générer alors d’autres questions. C’est la spirale infernale. Il faut qu’on remette les Legos dans le bon ordre pour avancer de nouveau.

Et puis le stade ultime ce sont les peurs pathologiques comme les phobies. Certaines sont spécifiques à des situations comme pour Squeezie qui a peur de l’eau. D’autres sont sociales, comme ça peut être malheureusement le cas avec la phobie scolaire qui touche de plus en plus d’adolescent·e·s. 25 % des élèves y seraient confrontés au moins une fois au cours de leur scolarité.

 

 

ON LIBÈRE LA PAROLE

 

Alors STOP pour calmer le jeu on arrête de vivre ses peurs en solo. On casse l’isolement social et on en parle ensemble. La pop culture permet de normaliser l’anxiété. De plus en plus d’artistes en parlent dans leurs titres avec sincérité. Pomme a réussi à mettre des mots sur son anxiété grâce à sa musique. Et par effet miroir, le grand public se retrouve dans ses textes.
Nos peurs sont de l’ordre de l’intime. Mais pas que. Aujourd’hui l’anxiété est liée aux enjeux sociaux et environnementaux. Nous sommes de plus en plus nombreux·ses à être éco-anxieux·ses car on a le sentiment (à raison) que les décideur·euse·s d’aujourd’hui ne prennent pas la mesure des solutions à mettre en place pour nous permettre un avenir serein.
L’éco-anxiété fait partie de nos peurs contemporaines. Mais elle peut aussi être un levier d’actions et de changements positifs. En mai dernier, j’ai eu la chance d’interviewer Léa Geindrau qui m’avait livré les coulisses de son éco-anxiété. Alors si oui les premiers moments n’ont pas été faciles à gérer pour elle, son éco-anxiété a été un formidable déclic pour s’aligner concrètement avec ses propres valeurs. Aujourd’hui, elle se sent beaucoup mieux, entourée et utile.

 

Le parcours de Léa est très inspirant. Mais tout le monde ne se retrouvera pas dans l’engagement pour apaiser son anxiété. On vous donne aussi quelques tips pour apprendre à comprendre ce qui se joue en vous grâce à notre thérapeute en cheffe Laure Elisabeth Roussel. Sur une échelle de 1 à 10 de quoi parle-t-on ? Laissez glisser votre doigt pour trouver instinctivement sa juste place sur la réglette en pensant au contexte comme si vous y étiez. Dans le jargon, on dit associer une situation à une émotion.

Entre 1 et 2 : un stress

Entre 2 et 4 : une peur

Entre 4 et 7 :  une angoisse ou une anxiété plus généralisée

Entre 7 et 10 : une phobie ou une anxiété plus généralisée

De 1 à 4, ça se gère on apprend à respirer

On peut contrôler ce stress ou cette peur par de la respiration (type cohérence cardiaque). J’inspire en 2, je bloque 2, j’expire en 4 je bloque 4… Puis j’inspire en 3, je bloque en 3, j’expire en 6 je bloque… Sinon on peut s’amuser aussi à changer la forme, les modalités et donc l’émotion qu’on met derrière cette peur et apprendre à cramer Golum (c’est une métaphore hein), cliquez ici pour comprendre la blague !

De 4 à 7, on apprend à naviguer dans la spirale sensorielle 

Vous ne savez pas ce que c’est ? Vous pouvez tester l’exercice en vous laissant bercer par la voix de Laure grâce à cet audio ci-dessous.

 

Écoutez l’audio-guide en hypnose

 

À partir de 6, on a besoin de réétiqueter :

Car il y a une erreur cognitive d’étiquetage. Il est important de vous en occuper. Le problème n’est pas l’araignée mais ce qu’elle représente de refoulé (la main d’une agresseur·se ou l’humiliation d’un groupe de personnes….) Votre peur, stress, angoisse, phobie vous veut toujours du bien même si elle s’y prend mal. Prenez soin de l’écouter et de l’interroger. Elle a un projet pour vous bien supérieur à sa forme d’origine. Merci copine ! Vous avez besoin de développer des compétences et de faire le point avec un thérapeute, c’est top, il y a des réponses et des solutions à cela.

Comment aider ses ami.e.es :

Les discours de bon sens ne servent à rien, voire cela participe à augmenter le problème parce qu’on le nie et on le culpabilise. Reconnaître l’existence de leur peur, ça leur permet de les nommer et donc de les déconstruire.

NB : Les propositions ici sont des solutions non exhaustives, n’hésitez pas à consulter si besoin. Vous avez des ressources également en bas de cette newsletter.

 

Les points clés à retenir

#1 Une peur nous veut toujours du bien, elle dit quelque chose de nous à écouter.
#2 La pop culture normalise l’anxiété et casse l’isolement.
#3 Adopter un discours moralisateur sur les peurs est inefficace.

 

POP & PSY. Projection du documentaire, L’Énergie des Dieux »de Laetitia Møller suivi d’un talk animé par mūsae avec la réalisatrice et les membres du groupe Astéréotypie.
Leur musique est une déferlante de rock électrique. Leurs textes assènent une poésie sauvage. Issus d’un institut médico-éducatif accueillant de jeunes autistes, 4 musiciens dévoilent sur scène leurs univers détonants, encouragés par Christophe, un éducateur plus passionné d’art brut que de techniques éducatives. Leur aventure collective est un cri de liberté.
Dimanche 9 octobre, 19h, au Ground Control à Paris.

 

 

« Les plus jeunes sont particulièrement touchés car la plupart des troubles anxieux, dépressifs, schizophrènes et troubles bipolaires commencent avant 25 ans. À travers les séries, les films ou les prises de parole d’artistes et de personnalités, la culture pop est un moyen puissant pour briser ce silence et sortir des représentations anxiogènes de la santé mentale. » 

Jean-Victor Blanc, fondateur et organisateur du premier festival Pop & Psy.

 

 

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