Mon abécédaire 2025

Ce qui a marqué notre année en santé mentale

Mon abécédaire 2025

Salut à vous et merci à celleux qui se sont abonné·es à cette newsletter dernièrement. Vous êtes nombreux·es, ça fait chaud au cœur de voir la communauté grandir.

Pour les nouveaux·lles, ici c’est la dose d’informations et d’actions sur la santé mentale du média mūsae. Je l’ai fondé il y a bientôt 5 ans. L’objectif initial du média était de dédramatiser et démocratiser la santé mentale. Mais ça, c’était quand le terme était encore un gros mot en 2020. Aujourd’hui, j’ai envie de changer de signature, car le sujet de la santé mentale a évolué et notre rôle là-dedans a, je pense, bougé.

Mais je ne suis pas là pour brainstormer avec vous. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les mots qui ont marqué mon année de santé mentale. Et je dois avouer qu’il y en a certains que je n’avais pas vus arriver.

Bonne lecture et bonnes fêtes de fin d’année à tous·tes !Et au besoin, vous pouvez écouter à l’envi notre podcast La Zone Grise sur les fêtes de fin d’année.


A comme amitié

Elle a été le thème des 4 ans de mūsae qui ont eu lieu en avril dernier. Une soirée entière dédiée à l’amitié à travers des ateliers, un talk, des expos et deux DJ sets. On est très fête chez mūsae. Pour avoir un aperçu de l’ambiance, c’est par ici en vidéo. Elle a donné naissance à un très joli podcast au cours duquel on a évoqué avec nos invité·es la place de l’amitié et de ses valeurs dans le soin.

De gauche à droite : Agathe Kupfer (journaliste), le duo Ael et Charly du compte Culturepsy, la journaliste et autrice Alice Raybaud, Abigaïl Barrand : activiste et créatrice de contenu, Maxime Perez Zitgovel, co-fondateur de La Maison Perchée.

De gauche à droite : Abigaïl Barrand, activiste et créatrice de contenu, Maxime Perez Zitgovel, co-fondateur de La Maison Perchée, Lauren Bastide (autrice et productrice du podcast Folie Douce), Cheetah (curatrice, DJ et entrepreneure culturelle).


B comme bipolarité.

François Mallet en parle merveilleusement bien dans son premier livre Fêlé paru en septembre 2025 aux éditions Larousse. Je l’ai adoré car, bien plus qu’un témoignage de personne concernée comme on a pu en avoir beaucoup cette année, ce livre est un véritable récit littéraire sur le désir d’être aimé avant de s’aimer soi, la vulnérabilité, la bipolarité et la relation paternelle.


C comme Communauté

Ce qui nous aide à tenir dans ce monde de brut·es, c’est la force du lien et j’aime à croire que le collectif existe encore. En 2025, j’en ai eu la preuve chantante avec l’artiste Frieda. À l’occasion de la sortie de son premier EP, “Derrière le soleil”, nous avons appris à faire communauté ensemble grâce à sa chorale empouvoirante le Pawa Club. Retrouvez notre discussion en podcast, et écoutez jusqu’au bout il y a un moment pépite.


D comme Délire

C’est le podcast co-écrit et réalisé par Claire Zarnitsky et Boris Vallano que nous avons eu le plaisir de diffuser sur mūsae. Il raconte la crise maniaque, autrement dit, la “phase haute” du trouble bipolaire, vue à travers les yeux d’une personne concernée… et d’un de ses amis. Que faire quand un proche bascule, quand la réalité se dédouble, quand plus rien ne fait sens ? Comment rester, accepter, accompagner ? Cet épisode est aussi pensé pour briser le désarmement des proches.


E comme enfants

La parentalité ou le non-désir d’enfant peuvent donner naissance à des questions de santé mentale bien spécifiques que nous avons abordées à travers différentes newsletters sur la dépression post-partum, la pression de l’horloge biologique ou encore le souhait d’apprendre à faire famille autrement.


F comme fête

Les espaces de fête (clubs, festivals, bars, lieux d’after) sont des challenges pour notre santé mentale (violences sexistes et sexuelles, incitation à la consommation de psychotropes, gestion des espaces, rejet, discrimination…. ). Pourtant la fête peut aussi être une source de libération mentale, une zone d’expression, de résistance et de rencontre. Dans notre podcast, Et la Fête dans tout ça ? enregistré en public à La Maison Perchée avec Keps Média, les DJ Bambi et Sloy P, nous donnons des pistes pour faire de la fête un lieu plus safe pour les personnes en vulnérabilité psychologique sans être dogmatiques, ni moralisteur·ices.


G comme Grande cause nationale

Ou plutôt Grande Blague Nationale. J’en avais parlé ici en octobre 2024, il s’avère que les conditions que j’évoquais pour qu’elle fonctionne n’ont pas été du tout réunies, à savoir:

  • Les financements. Zéro moyen pour le soin et en prime une pénurie de médicaments compliquant les traitements médicamenteux des personnes concernées par la bipolarité ou la schizophrénie. On a bien entendu le balbutiement d’un grand plan psychiatrie mais sans budget associé c’est évidemment un vœu pieu et ne pas prendre la mesure réelle de l’accès aux soins en France. Bessma Sikouk en parlait ici pour mūsae.
  • Travailler avec les acteur·ices clés engagé·es sur le sujet depuis plusieurs années et qui font tenir le soin en France. Non, les services du gouvernement ont préféré faire tout seul·e dans leur coin. Je pense notamment au collectif associatif à l’origine du plaidoyer en faveur de l’obtention de cette Grande Cause. Mais je pense aussi aux médias indépendants (dont on a oublié de créditer ou de soutenir le travail de défrichage fait bien avant que la santé mentale ne devienne le dernier accessoire à la mode ou la bonne poire du clickbait).
  • Adopter une vision systémique des problèmes et des solutions en santé mentale. Non, on a plutôt eu droit à des propositions hors sol sur le sujet, qui mettent en avant des troubles psychiques “faciles” à regarder ou des conditions de vie faciles à expliquer, en plaçant la responsabilité d’une bonne santé mentale sur les épaules des personnes et non des structures sociales. Je le rappelle : on ne vit pas dans un bocal fermé. La santé mentale est un enjeu de santé publique.
En 2026, la Grande Cause Nationale est renouvelée. Que dire. Y croire ? Je sais pas mais cette fois-ci,s’il vous plaît, je vous en conjure, on se donne les moyens et on suit le principe antivalidiste incontournable lorsqu’on parle santé mentale : “Rien sur nous sans nous ”.

H comme humour.

Il faut bien le garder dans ce contexte. Avez-vous déjà écouté notre hors-série pépite sur l’univers du stand-up ? Je vous recommande cet épisode avec le trio belge Lola d’Estienne, Moana Genevet et Marine Sergent. Ce sont des barres de rire du début à la fin, enregistrées dans le cadre de l’Atout Comedy Club à Bruxelles.


I comme illustratrice

Je vous présente Siobhan Keane celle qui est derrière toute la direction artistique de mūsae. Elle m’aide à mettre en image avec ses illustrations pop et colorées les mots qui s’enchevêtrent dans ma tête. Cette année, elle a notamment désigné mon livre, Full Santé Mentale paru aux éditions Vuibert. Voici une partie de son talent.


J comme jeunes

Souvent on me demande mais mūsae c’est uniquement pour les 18/35 ans ? Non pas seulement, mūsae s’adresse à toutes les personnes qui souhaitent s’informer sur la santé mentale de manière safe, constructive et sociétale. Je dois cependant avouer qu’en termes de références et de codes ce sont sans doute les jeunes générations qui s’y retrouveront immédiatement. Car c’est cette génération dont la souffrance est prégnante, même si tout le monde ne va pas mal, attention à ne pas relayer que des chiffres alarmistes. Et aussi car c’est grâce à cette génération qu’on a réussi à lever les tabous sur la santé mentale.


K comme Keps Media

J’ai rencontré beaucoup de personnes depuis la création de mūsae. Cette année, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce média basé à Marseille et faisant partie du collectif Plus Belle La Nuit. J’adore leur façon d’aborder la réduction des risques dans les espaces de fête. Sans jugement, ni position moralisatrice avec un graphisme pop flash ce qui ne gâche rien. D’ailleurs alerte ressource géniale et gratuite, Keps propose des sessions d’écoute par téléphone si vous avez besoin de parler de réductions des risques et d’addictions tous les mercredis et jeudis après-midi. Plus d’infos ici :


L comme livre

2025 fut une sacrée étape aussi car j’ai publié mon premier livre. Full Santé Mentale, le premier guide sociétal pour vous aider à trouver votre équilibre psychique dans ce monde de brut·es. J’y aborde les questions d’identités, de diet culture, de Fear of Missing Out, de solitude, de relations affectives, de burn-out,de fêtes et d’éco-anxiété…). Une idée cadeau safe et utile pour vos proches ou vous-même à shoper ici. Si vous avez envie qu’on organise une rencontre ou un événement de sensibilisation en vous appuyant sur le livre, faites-moi signe. On me dit que la prochaine rencontre aura lieu à La Maison Perchée le 31 janvier ;-)


M comme mecs

Depuis septembre 2025, Irvin nous livre avec brio dans sa newsletter son parcours psychothérapeutique en tant que personne concernée par un trouble psychique. Il débunk un par un les clichés autour de la vulnérabilité masculine, il remonte les bretelles au développement personnel et il explique comment et pourquoi on devrait absolument s’intéresser au sujet de la santé mentale quand on est un mec. Le premier numéro est ici.


N comme nature

On a eu la chance avec Agathe Kupfer de travailler sur le vingtième numéro de la superbe revue dédiée à l’outdoor : Les Others. Pour cette édition dédiée à la santé, Maxime Froissant rédacteur en chef, et Thomas Firth fondateur de la revue, nous ont demandé de nous pencher sur cette question: est-ce que la nature doit être remboursée par la sécu ? On est parti dans les forêts de Corée, dans mes montagnes natales (Les Alpes) et dans les Calanques à Marseille pour vous livrer un dossier superbement illustré par Acia Nang. Un super cadeau de Noël pour les amoureux·ses de la rando ou celleux qui sont en manque de nature.


O comme opïoides

Il y a une statistique qui m’a particulièrement marquée dans ce que j’ai appris cette année. Dans un territoire donné en France, l’augmentation de 1% de la précarité impliquerait automatiquement une augmentation de 10% de la consommation d’opioïdes. Vous avez comment on appelle ça en santé mentale ? Le syndrome de la vie de merde. Des chiffres qui nous rappellent à quel point l’état de notre santé mentale est aussi conditionné par nos conditions de vie.

Étude à retrouver dans les livres Full Santé mentale aux éditions Vuibert et Pop&Psy, addicts par Jean-Victor Blanc paru aux éditions Points.


P comme prévention suicide.

Cette année, j’ai décidé de prendre la parole à plusieurs reprises sur le tabou des tabous de la santé mentale. Ce sujet nous fait si peur, il nous “trigger” et on a peur que d’en parler cela donne de mauvaises idées. C’est tout l’inverse. Aussi, on est bien plus nombreux·ses qu’on ne l’imagine à être concerné·es. On est aussi très nombreus·ses à se rétablir et à vivre pleinement aujourd’hui. Alors plutôt que de laisser la honte nous envahir, si on apprenait à en parler ? C’est tout l’objet de ma newsletter accompagnée d’un podcast enregistré en public. Ces contenus sont toutefois sensibles ; si vous traversez une période difficile, je vous invite à ne pas les consulter et à aller chercher de l’aide auprès de la ligne d’écoute prévention suicide du 3114 ou de votre professionnel·le de santé.


T comme TOC

On en parle assez peu dans le monde la santé mentale mais les troubles obsessionnels compulsifs sont un vrai sujet méconnu. Redécouvrez l’interview vidéo de Raphaël Blot, président fondateur de l’association AFTOC.


R comme rétablissement

Depuis plusieurs années, on sait maintenant qu’on ne peut pas guérir d’un trouble psychique mais on peut vivre avec. C’est pourquoi, on préférera parler de rétablissement. Être concerné·e n’est pas une fin de non-recevoir. ll est possible de contrôler les symptômes de la maladie, de travailler et d’avoir une vie personnelle épanouissante. Pour incarner un rétablissement possible, on a vu naître comme outil de soin : la pair-aidance. Elle repose sur une entraide entre personnes souffrant ou ayant souffert d’une même maladie somatique, psychique ou atteintes d’un même handicap. Maxime Perez Zitvogel en résumait ainsi le principe à notre micro : Je ne suis pas ton pote, je ne suis pas ton psy mais je comprends ce que tu vis.


S comme sec

Cette année, ça a été sec de chez sec côté financement pour la santé et les médias indépendants, j’ai été à sec de chez à sec.

J’en parlais plus haut, la Grande Cause a eu sa part de responsabilité là-dedans car on n’a jamais autant demandé à l’écosystème santé mentale de faire autant d’actions de sensibilisation gratos (oups pardon payées en visibilité mais jusqu’à preuve du contraire ça ne paie pas les salaires ou les loyers).

En parallèle, l’ambiance récession économique, réarmement et extrême droite is great again ont engendré des énormes coupes budgétaires que ce soit dans la culture, la santé, la responsabilité sociétale environnementale ou encore sur les sujets de diversité et inclusion.

Résultat : j’ai dû réorganiser mūsae, me retrouver solo à bord (alors que j’avais une équipe en or ) et diminuer la fréquence de publication des contenus, mais pas l’engagement. Vous me connaissez, je ne me laisse pas abattre, j’ai déjà réussi à trouver des solutions. Mais je pose ça là

  • si vous avez envie de nous faire un don c’est ici
  • si vous avez envie qu’on prenne un café à la rentrée de janvier car vous avez envie qu’on discute du futur de mūsae, je suis super ouverte. Vous pouvez me contacter ici ou ici.

U comme ultramoderne solitude

La solitude est l’un de mes sujets préférés. Je dis souvent qu’elle est le facteur aggravant par excellence de notre souffrance psychique.

Et pourtant, nous n’avons jamais été aussi connecté·es. Que se passe-t-il ? Serions-nous entré·es dans une ère où règnent à la fois injonctions à l’hyperconnexion et toute-puissance d’une solitude subie ? Et si c’était ça l’ultramoderne solitude ?


V comme violences sexistes et sexuelles

Cette fin d’année a été marquée par les propos de Brigitte Macron taxant les féministes qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles de sales connes alors qu’elles ont été elles aussi la grande cause du gouvernement. Décidément c’est une malédiction, ce truc. J’explique dans ce post, pourquoi cette sortie, en plus de bien d’autres choses, c’est littéralement faire un doigt d’honneur à la santé mentale des femmes. Vous pouvez (re)lire ma newsletter sur la question des droits des femmes juste ici.


W comme Weight Watchers

Pourquoi est-ce que je vous parle de cette marque qui date des années 80 ? Parce qu’elle est l’un des parangons de la diet culture. Elle fait partie de ces régimes qui vous enferment dans un cycle infini de la détresse psychique propre aux troubles des conduites alimentaires. Pour apprendre à déjouer ces rouages délétères, je vous invite à lire la newsletter d’Agathe Kupfer.


Y comme Yamé

J’adore cet artiste, je suis allée le voir en concert dans ma salle préférée, L’ancienne Belgique à Bruxelles. Cette année il a avoué son addiction à la weed et sa volonté de vouloir s’en sortir. Il pointe notamment du doigt les conditions de production en studio où “fume” et alcool sont associés à ce moment clé de travail.

@mouloudachourYamê s’exprime sur le rapport de la musique à la dr*gue. Pensez-vous que les artistes devraient s’engager contre la dr*gue pour qu'elle ne soit pas cool auprès des jeunes ? #yame #rapfr #preventionsanté #stopaddiction #tiktokmusique #itwclique #clique @Yamê

Tiktok failed to load.

Enable 3rd party cookies or use another browser

Sur les questions de consommation de psychotropes dans les studios, je vous invite à lire ma newsletter sur le rap et santé mentale ​​J’y interviewe Julien Jaubert, producteur de musique plus connu sous le nom de Shkyd et cofondateur de Cura, qui agit pour améliorer la santé mentale des professionnel·les de la musique.


Z comme zoom

Sur mon nouveau podcast préféré qui s’est lancé cette année, celui de Petite Mu où bien j’ai été invitée pour parler de santé mentale avec Juliette Paquin réalisatrice du documentaire Santé Mentale briser les tabous, et Maxime Perez Zitvogel. J’ai personnellement beaucoup aimé l’épisode sur le validisme avec Chiara Kahn handi-féministe et Kendrys Legenty co-fondateur de la Fabrique des Soignants.