Une dose d'inspirations culturelles
Un nouveau podcast rien que pour vous et ma curation santé mentale
Salut tout le monde,
Aujourd’hui, pas de newsletter fleuve. La période est chargée côté pro. Il faudra que je vous raconte un jour. Mais si l’aspect fleuve vous manque, la dernière newsletter en date est juste ici sur les questions d’autodiagnostic : se comprendre et se tromper. Elle a suscité de nombreux retours et partages de votre part. Certain·es me remercient de mettre de l’eau dans le verre de vin de certain·es expert·es, qui n’ont de cesse de rappeler que seule leur parole est bonne, au détriment du savoir expérientiel. D’autres m’ont rappelé que, tout simplement, iels n’avaient pas le choix de l’autodiagnostic, car le soin, pour eux, c’est loin. Enfin, certains parents m’ont fait part du fait qu’ils auraient préféré éviter cette profusion d’informations pathologisantes sur les réseaux sociaux, tant “leur ado” avait tendance à s’enfermer derrière elles.
Nouvel épisode de mūsae stories : la santé mentale à l’ère des algorithmes
Tout ceci m’a donné envie d’élargir la focale et de me poser deux trois questions :
- Les réseaux sociaux seraient-ils nécessairement nocifs pour notre santé mentale ?
- Que faire de cet écrin, sans lequel, sans doute, la santé mentale n’aurait pas aussi facilement émergé en France ?
- Comment mieux s’informer ?
- Comment sortir d’une boucle de contenus délétères sur TikTok ou Instagram ?
- Comment être un·e bon·ne allié·e pour les victimes des violences en ligne ?
Pour y répondre, j’ai invité dans un nouvel épisode de mūsae stories :
Caroline Barré-Villeneuve : coordinatrice au 3018, la ligne d’écoute dédiée aux victimes de cyberviolences de l’association e-enfance.
Mickaël Worms Ehrminger : chercheur, enseignant, patient-expert et auteur notamment de Communiquer en Santé Mentale. Repères pour de nouvelles stratégies et pratiques, aux Presse de l’EHESP, 2026.

Je dévoile en avant-première, juste pour vous, notre podcast enregistré ensemble, en versions audio et vidéo. Dites-moi ce que vous en avez pensé dans les commentaires !

Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas partagé mes coups de cœur culturels. Alors sans transition, les voici :
Une chanson : Irish Goodbye, Kneecap
Irish Goodbye du groupe irlandais Kneecap en featuring avec le poète, slameur et rappeur anglais Kae Tempest. Ce titre extrait de leur dernier album, fait référence à la mort par suicide de la maman de Móglaí Bap l’un des membres du groupe. Ce superbe titre est une réponse à la lettre qu’elle a laissée en “partant.”
Brisant le tabou et les clichés entourant le suicide, Irish Goodbye est aussi un puissant médium culturel de recueillement pour les proches en deuil.
Quelques jours avant sa sortie, Moglai a écrit ces mots dans un post Instagram, laissant place à de nombreux commentaires de soutien et à des ressources. NB : Comme quoi, les réseaux sociaux ne sont pas uniquement des espaces de déferlement de haine.
Une pièce de théâtre : Othello par Commedia Nostra.
Je suis allée voir la jeune troupe Commedia Nostra jouer Othello de Shakespeare au théâtre d’Aubervilliers. Cette pièce est peut-être la plus étrangement moderne du répertoire shakespearien. Il n’y a qu’à écouter le discours de Lago pour s’en convaincre… Le comploteur y exprime sa peur d’un grand remplacement qui ne dit pas encore son nom. Roderigo, son complice, est horrifié à l’idée qu’un homme noir lui dérobe une femme blanche. Quant à Brabantio, il craint de se mélanger et de disparaître. Il ne supporte pas que sa descendance lui échappe.
Commedia Nostra revisite Othello à la lumière de nos enjeux contemporains : l’antiracisme, le féminisme et l’accès à la parole publique. Commedia Nostra, c’est aussi une voix puissante dont on a bien besoin pour dépoussiérer l’ambiance vieille France, tout en monochromie blanche du théâtre. Déso les Molières.
Pour soutenir leur programmation au Festival d’Avignon cet été, c’est par ici.

Une exposition : Presque que du bleu, Ava Jaouen et Phlj
Il s’agit d’une exposition à quatre mains de peintures et de fusains entre l’artiste Ava Jaouen et son papa qui vit avec une schizophrénie. J’ai été touchée par la manière dont Ava m’a décrit le projet artistique lorsqu’elle m’a contactée sur Instagram.
Mon père est dans la lune ; on partage le même univers là où nos coups de pinceau se mélangent.
Le but de l’exposition est simple : découvrir le monde artistique partagé par un père et sa fille et déconstruire les idées reçues sur les troubles psychiatriques. Elle s’inscrit dans un projet plus large de court-métrage documentaire où l’on observe comment l’art peut devenir un langage commun lorsqu’un parent vit avec un trouble psychiatrique. Le documentaire sera diffusé en octobre 2026.
Galerie Milezo, du 22 au 25 mai. Vernissage le 24 mai. Étables-sur-Mer.
Un livre : L’anorexie, pathologie du capitalisme ? Marianne Fougère, Éditions Textuel.

Vous avez déjà entendu l’histoire de Marianne dans le dernier épisode du podcast Délire. Son expérience de l’anorexie mentale, du soin et de l’analyse sociologique et politique a donné naissance à ce livre.
- Il interroge notre société patriarcale, celle qui nourrit l’anorexie.
- Il dénonce la manière de faire soin entre gavage et pathologisation individuelle
- Il rappelle à quel point c’est absurde qu’aucun professionnel·le ne lui ait posé cette question, du moins jusqu’à récemment : Pourquoi avez-vous arrêté de manger ?
- Il remet le corps au cœur de la réflexion en santé publique et en politique.
Vous pourrez d’ailleurs bientôt retrouver Marianne aux côtés de Claire Zarnitsky coautrice de Délire ainsi que de Kendrys Legenty, fondateur de la Fabrique des Soignants en podcast chez mūsae. Nous nous sommes réunis tous·tes les 4 à l’occasion du festival Susurre de la Gaîté Lyrique autour de cette question qui fera écho, je le sais, à une bonne partie d’entre vous, être là, comment aimer quelqu’un qui souffre ?
Ça sera à suivre dans le prochain numéro ; d’ici là, prenez soin de vous et de votre équilibre psychique.