18 mai 2023

Relations amoureuses et santé mentale

par

Quand Christelle m’a proposé d’écrire la prochaine newsletter mūsae sur le sujet des relations amoureuses, je n’ai pas eu à beaucoup réfléchir pour choisir mon sujet.  En septembre, j’ai rencontré un jeune homme qui m’a beaucoup plu. On s’est fréquentés entre octobre et mars, coincés quelque part dans cette zone de flou située entre le couple et ce qu’on nomme le “plan cul”. Vu de l’extérieur, RAS. Sauf que cette histoire m’a beaucoup plus affectée que prévu.

 

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 EST-CE QU’IL PREND SOIN DE VOUS, CE GARÇON ? 

 

Ma gorge s’est nouée et j’ai senti une larme couler le long de ma joue. J’aurais aimé répondre “oui” à la question de ma psy. Mais non, il ne prenait pas soin de moi, probablement parce qu’il n’en avait pas envie.

Ça faisait quelques mois qu’on se fréquentait et qu’on stagnait, quelque part dans cette zone de flou située entre le couple et ce qu’on nomme le « plan cul », un étrange cocktail d’exclusivité et de non-dits, de tendresse et de retenue, d’attirance et d’incompréhension, de jolies soirées et de longs silences.

Au moment de notre rencontre, j’avais déjà ma petite idée en tête. Ça faisait quelques mois que je m’étais séparée de mon ex-petit copain, j’avais l’impression de rencontrer peu de monde et je me sentais un peu blasée. Quand j’ai entendu parler de lui, j’avais très envie de retomber amoureuse. J’ai investigué, on m’a parlé d’un mec brillant, curieux, original, intello, baroudeur. Il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour me figurer le prince charmant qui allait me sortir de mon ennui. Enfin, si : un petit tour sur Facebook – je suis tombée sur un visage chaleureux  et souriant. Je n’avais plus qu’à subtilement harceler notre ami commun pour que ce dernier nous réunisse autour d’une bière.

J’ai vite trouvé des raisons d’être charmée. Son agilité intellectuelle, sa confiance en lui et son originalité m’ont tout de suite intriguée. Physiquement, je le trouvais très mignon. Avec une impatience qui témoignait de mon besoin d’affection, de dépaysement et d’exaltation, je lui ai rapidement proposé un premier verre tous les deux, une soirée suite à laquelle on a commencé à se « dater« . J’avais envie que ça aille vite, et comme le dit très justement Claudia Colombani, coach et fondatrice du Self Love project, dans cette conversation du podcast mūsae : « Dans la phase de rencontre, si tu t’accroches au fait que ça aille très vite, c’est parce qu’au fond de toi tu veux être en contrôle, tu veux que ça fonctionne. Et le fait que ça s’imbrique très rapidement te fait penser “c’est bon, c’est sûr, c’est lui !” Bien sûr, il ne s’agit que d’une illusion de certitude« .

Pendant quelques mois, on est régulièrement allés boire des verres, dîner au restau, passer la soirée au cinéma, au théâtre ou au musée, la nuit chez moi, tout en évitant soigneusement d’aborder les vrais sujets. Lui, sans doute parce qu’il ne savait pas ce qu’il voulait et que les non-dits l’arrangeaient, moi parce que j’avais peur que tout s’effondre comme un château de cartes si je le confrontais. Naïvement, je pensais qu’à force de discuter de choses et d’autres, de faire des activités et de coucher ensemble, la connexion, l’amour et l’empathie naîtraient naturellement.

 

 

 

J’AVAIS TROP ENVIE QUE ÇA FONCTIONNE POUR RECONNAITRE CE MANQUE DE FLUIDITÉ

 

Dès le début, pourtant, j’ai senti qu’on ne se comprenait pas toujours, qu’on n’avait ni exactement le même humour ni exactement les mêmes goûts. Mais j’avais trop envie que ça fonctionne pour reconnaître ce manque de fluidité. Et puis, sa compagnie était toujours stimulante et dépaysante. Tout ce qu’il me disait me semblait confirmer son intelligence, son érudition, sa profondeur et son ouverture d’esprit. Comme je devais souvent me concentrer pour le suivre dans ses raisonnements, j’étais toute entière à nos conversations et j’avais souvent le sentiment délicieux que le monde extérieur n’existait plus lorsqu’on était ensemble. Sa manière profondément atypique de penser et d’agir m’émerveillait autant qu’elle me déstabilisait. Un soir, on est allé voir une expo ensemble et je me rappelle avoir été à la fois attendrie et fascinée par la liberté avec laquelle il parcourait l’exposition – de façon complètement déstructurée et inconventionnelle – tout en trouvant assez pénible de devoir le surveiller du coin de l’œil pour éviter qu’on ne se perde de vue.

Je voulais lui plaire et surtout, ne pas le brusquer. Ambigüe dans mes questions, je ne pouvais que récolter des réponses ambigües. Ma difficulté à le confronter lui a permis de souffler le chaud et le froid pendant des mois. Un jour, je lui ai envoyé un texto un peu tendre auquel il a réagi par une journée de silence et un texto dubitatif. Assez refroidie, je lui ai alors écrit qu’on n’avait apparemment pas les mêmes envies et qu’il vaudrait peut-être mieux s’arrêter là, ce à quoi il m’a répondu que ma réaction était excessive. À ce moment-là, je me suis dit qu’il avait besoin de temps. Un jour, alors qu’on se fréquentait depuis des mois, il m’a écrit pour me dire à quel point il avait aimé découvrir mes newsletters. J’étais si flattée qu’il s’intéresse à moi que j’en ai oublié qu’il ne m’avait quasiment jamais posé de questions sur mon travail jusque-là. Pendant des mois, il a alterné tendresse et négligence, petites piques et gentils compliments, indélicatesse et marques de respect. La récompense aléatoire participant à créer une forme d’addiction, il m’a vite un peu obsédée.

Pendant tout ce temps, j’ai attendu qu’il tombe amoureux de moi en choisissant d’ignorer le malaise, l’anxiété et la tristesse que créait chez moi cet enchaînement de signaux contradictoires. J’ai parfois eu l’impression de jouer un rôle en sa compagnie, affichant une retenue, une pudeur et un air angélique qui ne me ressemblent pas. Soucieuse d’être parfaite pour lui, je ne le retrouvais jamais sans avoir passé 25 minutes devant mon miroir. Évidemment, je faisais beaucoup plus d’efforts que lui et ce décalage ne me dérangeait pas le moins du monde. Dans une vaine tentative d’éveiller son intérêt, j’ai inconsciemment utilisé les vieilles stratégies dont parlent encore certains coachs en séduction sur les réseaux sociaux. Ainsi, pour « donner envie de s’engager à cet homme évitant », j’ai pris l’air détaché, je lui ai caché mes émotions et mes sentiments, j’ai retardé le moment de lui envoyer des textos, j’ai évité de lui poser des questions confrontantes. Évidemment, comme le rappelle Claudia dans ce post, c’est la meilleure façon de perdre beaucoup de temps en se faisant beaucoup de mal.

 

Dans la phase de rencontre, si tu t’accroches au fait que ça aille très vite, c’est parce qu’au fond de toi tu veux être en contrôle, tu veux que ça fonctionne. Et le fait que ça imbrique très rapidement te fait penser « c’est bon, c’est sûr, c’est lui ! ». Bien sûr, il ne s’agit que d’une illusion de certitude.

Claudia Colombani, pour le podcast mūsae stories.

 

Notre fonctionnement à tous les deux m’a rappelé le propos du formidable podcast Le Coeur sur la table, dévoré il y a deux ans. Dans l’épisode L’ingénieur et l’infirmière, la journaliste Victoire Tuaillon citait le travail de la psychologue Carol Gilligan qui a étudié les liens entre les théories de l’attachement et ses études de genre.
« Pour les garçons, Carol Gilligan démontre que c’est entre l’âge de 4 et 7 ans qu’ils deviennent beaucoup moins sensibles émotionnellement (…). C’est le moment où ils apprennent à “se comporter comme des petits mecs”, à faire semblant de ne pas comprendre les émotions des autres, à se tenir à distance des qualités codées comme féminines (la gentillesse, l’empathie, l’écoute, la sollicitude).
Quant aux filles, on leur apprend à être des filles comme il faut, à sans cesse se soucier des autres, à être gentilles, à ne pas protester, à ne pas être en colère. On nous apprend aussi à nous taire. Jusqu’à … ce qu’on ne sache même plus ce qu’on sent, ce qu’on sait, ce qu’on veut. Ce que perdent les filles, c’est l’affirmation d’elles-mêmes, leur assertivité.
Pour les garçons comme pour les filles, les carcans du genre entravent donc nos capacités à nouer des relations profondes et authentiques les un·es avec les autres, c’est-à-dire des relations où on peut se montrer tel·le que l’on est, sans se dissimuler – où on est à la fois en confiance et vulnérable. »

 

 

 

 J’AI PASSÉ L’HIVER À PLEURER « SANS RAISON »

 

Un matin, après l’avoir embrassé sur le pas de la porte de la manière la plus chill et détachée possible, je suis retournée me coucher et j’ai fondu en larmes en inspirant son odeur. Mon entourage a commencé à tirer la sonnette d’alarme. Ma mère, pourtant pas du genre à se mêler de ma vie sentimentale, m’a dit un jour : « faut que tu arrêtes de voir ce garçon, tu pleures à chaque fois que tu le vois !« . Quand je racontais à des copines des petites choses qui m’avaient blessée, ces dernières me répondaient : « franchement Loulou, je la sens pas trop cette histoire… » ; « Biche, ça a l’air d’être un bourbier cette relation en vrai !« . Ces réactions m’ont petit à petit aidée à sortir de mon déni.

Lasse de ces montagnes russes émotionnelles, j’ai pris rendez-vous avec une psy en janvier. Lors de la deuxième séance, je lui ai évoqué l’existence de ce garçon que je fréquentais depuis quelques mois. « Vous vous sentez en sécurité, avec lui ? » m’a-t-elle demandé quelques minutes plus tard. J’ai répondu, hésitante, « mmh… Oui !« . C’est à ce moment-là qu’elle m’a posé la question qui a ouvert les vannes : « et est-ce qu’il prend soin de vous ?« . Des larmes et plusieurs grandes inspirations plus tard, ma psy m’a dit : « dans un couple, c’est important de partager cette intimité émotionnelle, de sentir que l’autre prend soin de nous ! »
Toujours dans le même épisode du Cœur sur la table, Victoire Tuaillon tentait d’expliquer les racines du décalage persistant entre le soin fourni par les hommes et les femmes dans les relations (bien sûr, il s’agit d’une tendance, ce n’est pas systématique).
« L’hétéropatriarcat, c’est ça en fait : des humains fabriqués pour faire semblant qu’ils s’en foutent, pour être persuadés qu’ils sont autonomes et rationnels – c’est le loup solitaire, le mec stoïque, le self made-man, l’ingénieur… Et des humaines qui s’occupent compulsivement des autres, dans l’espoir qu’un jour on s’occupe un peu d’elles : c’est la mère sacrificielle, la petite amie dévouée, la collègue toujours adorable. L’infirmière. »

Je n’ai pas tourné la page tout de suite. Comme c’est parfois le cas dans les relations qui n’ont jamais vraiment démarré, je l’idéalisais encore et j’avais l’impression que je ne rencontrerais jamais quelqu’un d’aussi « waouh ». Mais au moins, j’ai commencé à lui parler honnêtement de ce que je ressentais : cette relation comptait pour moi, et d’ailleurs, je n’avais plus envie de continuer sans plus de communication, d’investissement et de projection. Je l’ai senti réceptif au début, mais j’ai vite compris qu’il ne serait jamais ni assez motivé pour s’engager pleinement dans cette relation, ni assez mature pour y mettre un point final. Assez apaisée, je lui ai écrit qu’il valait mieux qu’on s’arrête là.

Une chose est sûre : non seulement lui avoir parlé à cœur ouvert m’a aidée à passer à autre chose, mais ces moments où j’ai été vraie avec lui sont finalement les plus beaux souvenirs que j’ai de cette relation. Comme le dit le thérapeute John Welwood, cité par bell hooks dans son essai À propos d’amour : « ce moment où l’on se démasque, où l’on dit sa vérité, où l’on partage ses luttes intérieures, où l’on révèle ses rugosités – est un acte sacré qui permet à deux âmes de se rencontrer et d’entrer en contact au plus profond. »

Couper les ponts me faisait de la peine. Ne pouvait-il pas devenir un ami, comme l’était naturellement devenu mon ex ? C’était sans compter l’ambiguïté inhérente à cette relation. Ça s’est plutôt bien passé une première fois. Deux semaines plus tard, après un coup de fil très joyeux, on se rejoignait à une terrasse. Je n’avais pas pu m’empêcher de me mettre du rouge à lèvres en partant et toute la soirée, j’ai eu envie de lui mordiller les joues et de passer mes doigts dans ses boucles brunes. Sur le chemin du retour, il m’a fait part de ses états d’âme – je n’ai pas retenu grand-chose tant le message était flou et alambiqué, mais en gros : ce n’était pas si clair que ça pour lui. Après une longue bise très suspecte, je suis rentrée chez moi, tourmentée par cet ultime retournement de situation. Heureusement, les séances de psy avaient donné un peu de force et d’assurance aux petites voix intérieures. Celle de l’égo, petit soldat protecteur,  qui m’a dit : « Pfff… C’est du vent, il veut juste te garder sous le coude ma cocotte !« . À côté d’elle, plus timide mais sage, la voix du vrai désir : « Tu as de l’affection pour lui et oui, tu serais très flattée qu’il tombe amoureux de toi… Mais au fond, t’en as même pas tant envie que ça« . Je lui ai écrit que je préférais qu’on arrête de se voir.

 

Les gens passent trop de temps à analyser la personne émotionnellement indisponible et pas assez à s’en éloigner. 

Jillian Terucki.

 

Je lui en ai voulu de m’avoir fait tourner en bourrique, je me suis dit qu’il était immature et égoïste. Maintenant que ça va mieux, je ressens surtout de la compassion pour lui. Tout ce qu’il m’a montré, c’est sa difficulté à gérer ses émotions et à comprendre celles des autres. « Parfois, une relation est toxique alors qu’elle accueille deux personnes pas méchantes qui veulent bien faire, mais dont les blessures se répondent d’une façon qui crée des soucis pour tout le monde« , rappelle Claudia Colombani. Ensuite, je pourrais passer des mois à l’analyser, mais comme le souligne la coach en relations amoureuses Jillian Terucki : « people spend too much time analyzing the emotionally unavailable person, and not enough time walking away from them » (les gens passent trop de temps à analyser la personne émotionnellement indisponible et pas assez à s’en éloigner).

Seules certaines actions relèvent de ma responsabilité : arrêter de le voir et explorer les raisons qui m’ont poussée à persévérer dans une relation où le manque de connexion et d’empathie était aussi flagrant. Le risque en mettant cette histoire sous le tapis serait d’avoir – dans 3 mois, 6 mois, 2 ans – à nouveau besoin de me faire valider par quelqu’un que je percevrais comme « mieux que moi » mais qui serait incapable de me rendre heureuse. Ce mécanisme rejoint la raison d’être du Self Love project, exposée ainsi par Claudia : 
« Notre slogan, c’est : “apprendre à s’aimer pour aimer mieux et se laisser aimer”. Alors, parfois les gens nous disent “ça veut dire que tant que je ne m’aimerais pas à 100%, je ne mériterais pas d’avoir une relation ?” Bien sûr, mon propos n’est pas là, et d’ailleurs, personne ne s’aime à 100%. Par contre, si on ne s’aime pas du tout, le risque est de se retrouver dans une relation avec des gens maltraitants (consciemment ou inconsciemment). L’autre risque, c’est que le jour où quelqu’un est prêt à nous aimer, on se dise : “ah mais non ! Mais pourquoi il m’aime, c’est bizarre !”« 

C’est aussi un point que souligne bell hooks dans son essai : « On peut s’offrir à soi-même cet amour inconditionnel. Lorsqu’on se fait ce cadeau précieux, on est alors en mesure de tendre la main aux autres à partir d’un état d’épanouissement et non d’un état de manque. Ne t’attends pas à recevoir d’une autre personne l’amour que tu ne te donnes pas à toi-même. »

LA SUPER PSY QUE JE VOIS DEPUIS QUELQUES MOIS M’AIDE À TRAVAILLER MON ESTIME DE MOI  

 

Ce travail, je ne pourrais pas le faire sérieusement et sereinement hors du « cadre thérapeutique ». La super psy que je vois depuis quelques mois m’aide à travailler mon estime de moi, à nommer mes besoins, à considérer ces derniers comme légitimes et à écouter toutes ces émotions qui m’envoient plein de signaux – qu’elles soient de la joie, de la sérénité, du malaise, de la honte… Je me suis d’ailleurs inscrite sur Hinge la semaine dernière et je m’entraîne à prendre mon « feeling » au sérieux. Un tel « coche toutes les cases » mais je ne me sens pas moi-même quand je discute avec lui ? Next !

Comme tous les échecs quand on se met à les considérer comme des opportunités d’apprentissage, celui-ci a été l’occasion de quelques précieuses piqûres de rappel. Il vaut mieux être honnête et parler avec ses tripes dès le début. Ne pas aborder les questions qui fâchent est contre productif. Dans À Propos d’amour, bell hooks transmet le propos de la psychologue clinicienne Harriet Lerner : « avec beaucoup de perspicacité, Lerner appelle les femmes à reconnaître leur contribution au tissu de mensonges et de faux-semblants qui structure leur vie. Nous les femmes, nous sommes souvent à l’aise avec l’idée de mentir aux hommes pour les manipuler et obtenir d’eux ce que nous voulons ou estimons mériter. »

Je retiens aussi qu’il est très important de sentir que le garçon prend soin de moi, autant que moi de lui. Et que pleurer régulièrement à cause d’une relation est un red flag majeur ! Comme le conseille Claudia Colombani, j’essayerais désormais de me demander « comment je suis, moi, quand je suis avec ce mec ? », plutôt que de rester concentrée sur lui et les critères du « mec parfait » qu’il remplit ou pas. Le jeune homme que j’ai fréquenté ces derniers mois avait beau avoir plein de qualités, un sourire adorable, sentir bon, être validé par des copains et cocher toutes les cases du bon gendre, la relation avec lui m’a inhibée, tourmentée et déprimée. Cela rejoint la citation de la coach Jillian Turecki, sur laquelle je suis tombée hier : « Se sentir en sécurité dans la relation est le critère le plus important pour choisir son partenaire. Ce n’est pas le seul, mais le reste n’a aucune importance si on ne peut pas se sentir en sécurité physiquement, psychologiquement et émotionnellement. »

Et puis, je retiens que ça devrait être plus facile et naturel que ça, au moins au début ! C’était un peu louche d’avoir à déployer autant d’énergie pour rencontrer ce garçon, lui plaire et faire en sorte que la relation prenne. Comme le rappelle Claudia : « Si tu es toujours en train de courir après cet homme ou cette femme pour passer du temps avec lui/elle, si tu as toujours la sensation de tirer la relation, alors il est temps de te poser les bonnes questions. Ce n’est pas évident, car parfois la personne en face nous envoie des signaux contradictoires. Parfois, il est même intéressé et peut avoir des sentiments pour toi. Mais la réalité, c’est qu’il ne peut pas, aujourd’hui, faire plus. Et ton rôle n’est pas d’attendre éternellement que la situation évolue. »

Non seulement ce surinvestissement témoigne d’un déséquilibre, mais c’est une énergie qui n’est pas consacrée à autre chose. Ça m’a rappelé cette scène à la fin du film Les Amours d’Anaïs, au moment où l’écrivaine incarnée par Valéria Bruni Tedeschi invite sa jeune amante à se réaliser hors de ses histoires d’amour rocambolesques, aussi chronophages qu’énergivores :

« Tu m’as séduite, tu m’as conquise. Quand tu veux quelque chose tu te donnes les moyens de l’obtenir. Tu es capable de déplacer des montagnes. Il faut que tu te serves de ça ! Tu as raison de prendre l’amour au sérieux, mais ne lui donnes pas toute la place ! Ne te perds pas, ne t’oublie pas !« 

Sans oublier les supers posts Instagram du Self Love project qui m’ont vraiment aidée à faire la part des choses ces derniers mois :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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