7 avril 2023

Journée mondiale de la santé, avec L’UNICEF

par

À l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé, j’ai voulu mettre à l’honneur une initiative sur la santé mentale des jeunes. Le Conseil UNICEF des Jeunes met en place une campagne de sensibilisation sur la santé mentale des enfants et des adolescent·e·s pour lever les tabous.  Un sujet déjà important puisqu’en octobre 2021, l’UNICEF publiait un rapport alarmant sur la santé mentale des enfants et des adolescent·e·s à travers le monde, « Dans ma tête : promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale des enfants« . Pour cette édition, j’ai le plaisir de laisser la plume à Léa Marié, qui s’est entretenue avec Aïssata, membre du Conseil UNICEF des Jeunes. Aujourd’hui, on part à la découverte d’un engagement fort d’une nouvelle génération en faveur de la santé mentale.

 

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 EN QUOI CONSISTE LE CONSEIL UNICEF DES JEUNES ?

 

Le Conseil UNICEF des Jeunes est une initiative de l’UNICEF France pour promouvoir le droit à la participation des jeunes, inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. L’objectif est de nous intégrer dans la gouvernance et l’espace de décision de l’UNICEF. C’est le porte-parole de la jeunesse. Ensemble, on se mobilise grâce à des campagnes thématiques sur des problématiques d’actualité comme la santé mentale.

 POURQUOI T’ES-TU ENGAGÉE AUPRÈS DU CONSEIL UNICEF DES JEUNES ?

Je suis membre du Conseil national et on a été informé par notre Comité territorial de la campagne qu’il y avait eu par le précédent conseil d’UNICEF des Jeunes, sur le consentement. Il y avait pour ambition de renouveler le mandat avec une nouvelle équipe de jeunes et les projets avaient pour vocation d’être portés sur le territoire national. Donc moi, c’est vraiment ce qui m’a motivé : me dire que je pourrai participer à un projet qui a une plus grande ampleur, qui a un plus gros impact. C’est ce qui m’a le plus attiré.

13% des adolescent·e·s âgé·e·s de 10 à 19 ans sont atteint·e·s d’un trouble diagnostiqué.

 

 

POUR TOI, QUE REPRÉSENTE LA SANTÉ MENTALE ? 

 

D’après moi, la santé mentale c’est la plénitude intérieure. Cela englobe nos émotions, notre stress, comment on se projette dans l’avenir, comment on planifie notre présent, notre capacité à prendre, ou non, du recul et être en paix intérieurement. Je vais prendre l’exemple de l’effet que le confinement a eu sur moi : j’ai vraiment compris qu’il fallait faire quelque chose pour ce qui se passe dans ma tête. Parce qu’on ne se rend pas forcément compte de cela, jusqu’au jour où on est face à une situation qui nous pousse dans nos retranchements et à nous poser des questions auxquelles on n’avait pas pensé. Subitement, on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

 

 

 POURQUOI AVEZ-VOUS DÉCIDÉ DE METTRE EN AVANT LA SANTÉ MENTALE DANS VOTRE CAMPAGNE ? 

 

On devait travailler par équipe et choisir des sujets qui nous intéressaient personnellement pour les présenter collectivement après. On s’est rendu compte, même si on a travaillé séparément, qu’on avait tou·te·s le sujet de la santé mentale comme enjeu principal. Cela montre que c’est quelque chose qui nous tient à cœur personnellement avant d’être un enjeu collectif.
Selon moi, c’est aussi un enjeu important pour la génération actuelle parce qu’on est dans un “entre-deux”. On se pose  tou·te·s la question de « comment faire pour aller mieux ? « . Nous sommes dans une grande incertitude en raison de tous les changements que nous traversons. Que ce soit climatique, économique, mais aussi éducatif en termes d’orientations. Il y a eu plusieurs réformes compliquées qui ont eu lieu pour le BAC par exemple. Donc ça touche plusieurs sphères de notre vie actuelle et aussi de nos capacités à nous projeter. Pour moi c’est très important de sensibiliser sur la santé mentale. Les objectifs de la campagne sont de lever les tabous, déstigmatiser et libérer la parole sur cette thématique.

Photographie des membres du Conseil UNICEF des Jeunes

 

 

 QUELS SONT LES OUTILS DE SENSIBILISATION QUE VOUS AVEZ CRÉÉE POUR CETTE CAMPAGNE ?

La campagne est composée de trois volets. On a mis en place un kit pédagogique contenant plusieurs outils et ressources à destination des collégien·ne·s et des lycéen·ne·s. Pour moi, mettre en place ces kits et ces activités, permet de favoriser l’échange et de se dire que la santé mentale, c’est comme la santé physique. Il faudrait qu’on puisse se dire que ne pas aller bien c’est, c’est normal.

On a aussi proposé un projet de création de « safe zone » à destination des établissements scolaires pour mettre en place des espaces sûrs mais aussi pour que tout le monde puisse être informé et surtout pour trouver des ressources.

Le dernier outil mis en place, c’est la création d’une série de podcasts disponibles à partir du 10 avril, sous le format talk entre des membres du Conseil UNICED des Jeunes et des personnalités (Paola Locatelli, Soprano) sur les thématiques de la confiance en soi et de la gestion des émotions.

VOUS AVEZ CHOISI DE RÉALISER 2 PODCASTS SUR LES SUJETS DE LA CONFIANCE EN SOI ET DE LA GESTION DES ÉMOTIONS : POURQUOI AVOIR CHOISI CES THÉMATIQUES ET LE FORMAT DU PODCAST ?

On avait plusieurs équipes projets et on a échangé sur les sujets que l’on trouvait intéressant pour nous. Donc d’abord la confiance en soi parce que c’est l’outil qui manque souvent et qui peut entraîner derrière du harcèlement scolaire. C’est un enjeu important pour la santé mentale, notamment pour les plus jeunes dans les collèges et les lycées, que ça soit sur les réseaux sociaux ou à l’école. C’est important de pouvoir rappeler à chacun·e qu’iel a une personnalité et qu’iel doit pouvoir l’affirmer sans peur.
Pour le sujet sur la gestion des émotions, c’est tout aussi important de se dire “comment est-ce que j’arrive à mettre un mot sur ce que je ressens ?” que pouvoir l’exprimer et trouver des solutions. Se demander  « suis-je en colère ? Suis-je triste ? », pour savoir au mieux comment m’aider. Ensuite, on a choisi les intervenant·e·s pour nos podcasts. Ça a été un choix commun avec l’UNICEF par rapport à la cible qu’on a identifié, les 13-19 ans. On a identifié des personnalités qui étaient déjà plus ou moins proches d’UNICEF France, qui avaient vraiment la démarche d’être ambassadeur·rice pour les enfants et qui ont une audience qui se rapproche de celle qu’on vise.
Pour le format podcast, c’est parce que c’est beaucoup plus facile et beaucoup plus accessible à tou·te·s : dans les transports, quand on marche… Plutôt que le format lecture qui peut être interprété autrement.  Et surtout, on voulait garder l’authenticité des échanges. On a vraiment le ressenti de la personnalité avec qui on discute et on sent ses émotions à travers le podcast.

Écoutez ici les podcasts en avant-première

 

 

 

 QU’AS-TU APPRIS EN PARTICIPANT À CE PROJET ? 

 

Cette campagne a été vraiment enrichissante et remplie de challenges sur ces deux dernières années. C’était un marathon pour trouver les idées et surtout les défendre. On ne se rendait pas forcément compte que la santé mentale n’était pas un sujet important dans les institutions privées et publiques. Donc il fallait défendre notre projet et dire pourquoi des jeunes veulent en parler. Pour moi, c’était super valorisant.

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