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UNE ÉVOLUTION DIFFICILE…
Malgré leur prévalence, les troubles des conduites alimentaires ne font l’objet que de peu d’études scientifiques. Il semblerait même qu’ils fassent partie des troubles psychiques les moins étudiés, et ceux qui bénéficient du plus faible financement. Au Royaume-Uni, par exemple, le budget alloué à la recherche sur les troubles des conduites alimentaires représente 10x moins que celui alloué aux troubles psychotiques, pourtant beaucoup moins fréquents.
Il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux indiqué spécifiquement pour l’anorexie mentale. En revanche, certains médicaments peuvent être utilisés pour diminuer le poids de certains symptômes dits comorbides (c’est-à-dire fréquemment associés), comme les symptômes dépressifs. Un traitement médicamenteux est aujourd’hui à l‘étude est le nalméfène, qui pourrait permettre de réduire la sensation de « craving » dans les addictions comportementales, dont feraient donc les troubles des conduites alimentaires selon les avancées de la recherche scientifique. Ce traitement est déjà utilisé pour des personnes dépendantes à l’alcool, en complément d’un soutien psychosocial.
Cela dit, les structures hospitalières changent progressivement leurs pratiques sur le territoire, en proposant des prises en charge pluridisciplinaires : psychiatrie, psychologie, diététique et nutrition, médecine somatique, … La psychothérapie tient une place de choix dans le maigre arsenal thérapeutique destiné à lutter contre l’anorexie mentale. Les thérapies familiales sont intéressantes puisqu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une prise en charge globale du système dans lequel la personne évolue. En effet, les troubles mentaux ne sont pas uniquement des manifestations de dysfonctionnements neurobiologiques, mais ils sont liés à un concours de facteurs biologiques, psychologiques et socio-environnementaux.
La psychoéducation, l’éducation thérapeutique du patient ainsi que la pair-aidance se font une place progressive pour informer la personne en souffrance et son entourage à propos de la maladie, ses manifestations, ses conséquences. Malgré tout, une prise en charge sérieuse, adaptée et régulière dans une structure spécialisée est essentielle pour améliorer le pronostic et la qualité de vie de la personne en souffrance.
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