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La dépression a un impact négatif sur notre vie de tous les jours : dans nos relations à nos proches, à notre travail, au monde. Elle a tendance à favoriser l’isolement et l’incompréhension de notre entourage. Au-delà des symptômes cliniques, la dépression peut être un trouble particulièrement lourd à vivre dans les sphères intimes comme sociales en raison de symptômes stigmatisants qui isolent socialement. Néanmoins ce sont des éléments qui sont encore trop peu analysés dans le monde de la recherche. En 2020, la Docteure Astrid Chevance a mis en place une étude qui mettait en lumière les situations, les émotions et les symptômes réellement handicapants pour les personnes qui souffrent de dépression.
L’un des éléments le plus bloquants dans la vie quotidienne c’est le fait de ne plus parvenir à maintenir une routine qui peut sembler anodine pour le commun des mortel·les. « Le pire, c’est ma faiblesse. Je n’ai aucune énergie, je ressens une fatigue abyssale. Je ne peux pas sortir de mon lit. Je ne peux rien faire de ma journée, et je ne vois pas d’issue à cela. »*
La culpabilité et le manque d’estime de soi sont aussi des véritables poisons dans nos relations sociales et intimes. «Je ressentais que je n’avais aucune valeur, que j’étais inutile et je ne méritais pas d’être aimé. Je méritais d’être blâmée même quand j’agissais bien. Je me détestais continuellement et sans raison. »*
Parfois la dépression peut également nous faire vivre des situations gênantes, ou plutôt qui sont considérées comme étant inacceptables d’autant plus dans l’espace public ou professionnel. « Pour moi, le pire était d’être incapable de contrôler mes pleurs en public et la façon dont les gens vous voient après, surtout professionnellement : vous perdez toute forme de crédibilité. »*
Et puis, finalement souffrir d’épisodes dépressifs lorsqu’ils sont fréquents et intenses nous coupe du monde social, parfois on ne s’en rend même plus compte jusqu’au moment où ça va mieux. «L’isolement social et la solitude sont les pires choses à vivre. Quand je me suis rétablie et que j’ai pu me reconnecter socialement, j’ai réalisé à quel point l’isolement social m’a fait perdre. J’ai dû réapprendre une multitude de petites choses du quotidien. »*
L’engagement de la Dr. Astrid Chevance contre la dépression transparaît dans ses publications et projets de recherche. Aujourd’hui, elle poursuit son combat contre les troubles dépressifs avec ComPare Dépression, un projet de recherche publique qui fédère la plus grande communauté de patient•es touché•es par la dépression, pour mieux la comprendre, la guérir, et ainsi améliorer la vie de près d’1 français•e sur 5.*
*Identifying outcomes for depression that matter to patients, informal caregivers, and health-care professionals. The Lancet 2020. |